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Les timbres au type Merson : les faux
La notion de Faux se décline en plusieurs catégories, certaines intéressent à titre anecdotique les collectionneurs, d'autres pas. J'ai écarté volontairement les faux récents, obtenus par des photocopieuses couleurs, relativement bien imités, mais qui ne peuvent tromper le collectionneur averti, le papier n'étant pas le même, les encres de toner ou d'impression ionographique ne sont pas du tout les mêmes que celles d'origine. Toutefois, je les mentionne ici, car j'en ai vu de très bien imités, notamment les 2F violet et jaune, vieillis artificiellement, sur lettres d'époque revêtus d'une fausse oblitération, très très dangereux et il est important pour tout achat de valeur (> 3000 F) de prendre certaines précautions. N'hésitez pas à demander une expertise même si le timbre est signé, on voit également beaucoup de fausses signatures d'experts. J'ai écarté également dans ce chapitre, les fausses maquettes, certaines oblitérations fantaisistes du Monténégro, l'affaire "Félix Cohen" à l'île Rouad ou des Postes Serbes à Corfou étudiées par ailleurs. Seuls les timbres d'une certaine valeur soit pour l'affranchissement auprès de la Poste, soit pour leur valeur auprès des philatélistes ont été copiés. En résumé, on trouve :
Les faux de FORBINCes timbres sont facilement identifiables. Ils ont été étudiés par M. QUESNEL dans l'echo de la Timbrologie numéro 1470 d'Octobre 1976. IL s'agit de faux pour tromper les collectionneurs. Ces vignettes sont apparues vers 1912 chez le marchand parisien FORBIN, d'où leur nom. Ils sont -à de très rares exceptions- tous oblitérés. Probablement, en raison des poursuites possibles envers les faussaires (cf. articles 443-2, 443-4, 444-1, 444-3 du code pénal) il a pu tous les oblitérer pour ne tromper que les collectionneurs en vendant de pseudo fac-similés. On ne sait toujours pas avec certitude où ces timbres ont pu être imprimés. Peut-être en Belgique ? M. Wilfrid HAWORTH a émis l'hypothèse d'un vol en 1901 à l'Atelier des timbres-poste. L'Administration aurait alors changé le poinçon pour démasquer les voleurs. Mais cette version parait peu plausible si l'on considère l'absence de trace de ce vol de Merson dans les documents administratifs d'époque et le grand nombre de faux timbres émis dans les BFE. Il semble bien que l'on soit dans le cas d'une escroquerie visant les collectionneurs. L'identification se fait par l'angle supérieur gauche : ![]() il y a deux lignes brisées dans le timbre authentique (B) alors que le faux (A) a été finement gravé. L'impression est également plus belle. ![]() Egalement dans l'angle supérieur gauche de l'écusson de la valeur, il y a 5 lignes de points dans le faux et 4 seulement dans l'authentique. Seul le 5F est apparu sur le marché français. Les fausses oblitérations du 5F de France représentent les bureaux de Paris (1,2,4,10,22, 25, 41, 51, 66, 96, 118), Boulogne sur Mer, Marseille A, Reims-Vesle, etc. Comme le faussaire ignorait sans doute que le poinçon du 5 F différait des autres, tous les 1F, 2F, 5F des BFE comportent ces mêmes différences. Les faux de FOURNIERCe sont des fac-similés et vendus comme tels par FOURNIER, un marchand de Genève qui a proposé pendant plusieurs dizaines d'années des reproductions de timbres rares de tous pays destinés à combler "les trous" dans les albums des collectionneurs.Certaines vendues sous forme de collection à sa mort en 1914 comportent la mention "FAUX" au recto ou au verso du timbre. Les faux 5F étaient vendus 1F 75 à l'époque. On trouvait également des faux 5F d'Alexandrie vendus 4 F, etc.La plupart sont de faux oblitérés. Il s'agit d'une impression en typographie ou en phototypie, facilement identifiable. L'imitation est très grossière, le papier est très différent de celui des timbres authentiques et ne supporte pas la comparaison. Les faux écussons brisésIl s'agit d'un simple grattage de l'écusson qui devient ainsi "brisé". L'examen du timbre en lumière rasante ou par transparence fait apparaitre l'érosion. Se méfier toutefois des timbres collés sur documents.Les fausses surcharges des BFEPOSTE AERIENNE DE CILICIE : Timbre de 1920 SurchargéLe plus rare de tous les Merson a inspiré les faussaires. Il fut utilisé pendant quelques jours pour affranchir les lettres et colis par avion militaire à destination d'Alep, en Syrie (cf. carte de la Cilicie). Le cachet POSTE PAR AVION était apposé avec manuellement au guichet. On ne connait aujourd'hui que quelques plis neufs et trois plis ayant circulé. Mais ne vous réjouissez pas trop vite si vous en avez dans vos albums : il s'agit très certainement de faux comme ceux ci-dessous. A Alep, quelques facteurs avisés, fabriquèrent un faux cachet identique au premier (taillé dans unpied de chaise) et oblitérèrent un stock très important qui fut rapatrié en France. Les 50c et autres fantaisies sont donc tous des faux. ![]() un faux ("surcharge des facteurs") ![]() ![]() A gauche le faux, à droite le vrai (sans PIASTRES) Les vrais-faux fleurons d'AlepIl s'agit de la réutilisation -encore aujourd'hui- de deux matrices déclarées perdues. cf. fleurons d'Alep à la page des Merson de SyrieLes faux non-dentelésLe procédé est simple : on découpe un timbre dentelé au ras du dessin, on l'amincie par abrasion, on le colle sur une feuille de papier elle-même amincie à l'endroit qui doit recevoir le timbre, puis on presse l'ensemble. Enfin dans certains cas, on gomme le verso.Le trucage est habile, seul un examen attentif des bords permet de déceler le trucage Les faux préperforés des colis postauxIl s'agit de reconstitutions grossières du papier sous le timbre à partir de vrais documents poinçonnés par les postiers. Ce ne sont pas des faux à proprement parler puisqu'il s'agit de vrais documents, mais des trucages sans intérêt qui permettent de donner une petite plus-value au timbre qui a alors l'apparence d'un vrai pré-perforé sur document.Les faux de Fiechter |
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