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Timbres Magazine
avril   2018

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Numéro 199 - Avril 2018 ÉDITORIAL : Le dessous des timbres : le Burkina Faso
La double attaque terroriste le 3 mars dernier à Ouagadougou au Burkina Faso visait l'ambassade de France mais également un autre Immeuble de la capitale où se tenait une réunion des forces du G5-Sahel. Le G5-Sahel (G5S) est un cadre institutionnel de coordination et de suivi de la coopération régionale en matière de politique de développement et de sécurité, créé par la Mauritanie, le Mali, le Burkina Faso, le Niger et le Tchad en 2014 pour faire face à la menace des organisations djihadistes de la région (Aqmi, Mujao, Al Mourabitoune, Boko Haram). Tchad mis à part, tous ces pays relevaient autrefois de l'AOF (Afrique Occidentale Française). L'actualité tragique nous donne l'occasion d'évoquer l'histoire chaotique du Burkina retracée par les timbres ou leur absence selon les périodes.
Ce timbre réalisé par le talentueux Achille Ouvré représente la mosquée de Bobo Dioulasso située étonnamment en Côte d'ivoire. Cela ne manque pas de surprendre alors que la ville est aujourd'hui la seconde du Burkina Faso au regard de sa population ainsi que la capitale économique. Comme l'on s'en doute il ne s'agit nullement d'une erreur et pour comprendre, remontons aux émissions du siècle dernier.
Le territoire de l'actuel Burkina Faso fait d'abord partie du Soudan français dont les premiers timbres spécifiques en 1894 sont des Alphée Dubois surchargés puis des types Groupe. On utilise ensuite dans cette vaste région aux frontières changeantes des timbres Sénégambie et Niger (type Groupe émissions de 1903) puis du Haut-Sénegal et Niger (avec pour première émission la belle série Faidherbe-Palmiers de 1906). Durant les années 1919-22, le Haut-Sénégal et Niger est à nouveau rebaptisé Soudan. Des timbres de l'AOF surchargés "Soudan Français" sont émis. Le futur Burkina Faso devient ensuite un territoire distinct des autres colonies qui prend le nom de Haute Volta. On utilise des timbres d'AOF surchargés "Haute Volta" lors de la premiers émission de 1920. Il faut attendre l'année 1928 pour que le nom du pays figure dans le cartouche. En 1932 la Haute Volta est purement et simplement rayée de la carte à la suite d'un découpage administratif. Le territoire est réparti entre la Côte d'ivoire, le Niger et le Soudan. C'est la raison pour laquelle notre timbre représentant la mosquée de Bobo Dioulasso comporte en légende "Côte d'Ivoire", ce qui ne pouvait que créer des tensions. La Haute Volta est finalement reconstituée le 4 septembre 1947 sous la vive pression de la population. Jusqu'en 1959, seuls les timbres d'AOF ont cours.
Avec l'autonomie en 1959 (indépendance en 1960), les émissions spécifiques de Haute Volta reprennent avec une première vignette dédiée à la proclamation de la république. Et comme rien n'est simple dans cette région du monde, la Haute Volta prend le nom de Burkina Faso (Pays des hommes intègres) en 1984 à la suite du coup d'État. Le nouveau président - Thomas Sankara - figure sur le premier timbre où apparaît la nouvelle dénomination du pays. D'une superficie de 274400 km2, il compte plus de vingt millions d'habitants et dispose de frontières avec le Niger, le Bénin, le Togo, le Ghana, la Côte d'ivoire et l'incontournable Mali qui composait autrefois une bonne partie du Soudan français. Il est toujours étonnant de dérouler, à partir d'un timbre en apparence anodin, l'histoire d'un pays, d'une région. Dans cette Afrique de l'Ouest, elle se révèle d'une grande complexité mais en fait probablement son intérêt philatélique.
Nous aurons l'occasion d'y revenir plus en détail dans le hors-série V que nous espérons publier en juin à l'occasion du salon Paris-Philex. Un grand merci pour vos nombreux messages de félicitations pour celui qui est toujours disponible en librairie ou par correspondance.
Je vous donne rendez-vous le mois prochain, nous fêterons notre 200e numéro!
Le Coq de Decaris : un symbole gaulois sur un timbre français.
Notre timbre d'usage courant est, depuis plusieurs décennies maintenant, associé exclusivement à Marianne. Mais il n'en a pas toujours été ainsi. Après la guerre, la Poste a choisi différents symboles pour orner les usages courants. Ainsi, à la charnière de l'ancien et du nouveau franc, on retrouve sur nos timbres le dessin de la Semeuse ou encore un grand nombre de blasons de villes. En 1962 apparaît un symbole inédit : le coq gaulois. Décliné en deux couleurs, avec deux faciales différentes, ce type extrêmement fréquent dans nos albums mérite qu'on s'y arrête un instant : sous un aspect très banal et anodin se nichent quelques bonnes valeurs, notamment parce que le Coq a servi de cobaye pour tester plusieurs nouveautés techniques.
Introduction aux anciens États allemands
Avant l'unification de janvier 1871, douze États allemands sur vingt-huit émettaient leurs propres timbres. Une très belle collection de Classiques à réaliser qui est plus facile à réaliser qu'on ne l'imagine. Voici quelques clés pour l'appréhender à moindres frais.
La tour Eiffel, symbole de Paris
Les collectionneurs de thématiques choisissent souvent un thème qui leur est familier : soit leur passe-temps, soit leur métier. J'ai choisi la tour Eiffel car je suis né à Paris et j'y ai vécu vingt ans. De plus, je peux choisir des documents philatéliques allant du XIXe au XXIe siècle! J'admire aussi l'incroyable technologie adoptée à cette époque. La Tour à l'origine comportait 18000 pièces, plus de 2 500 000 rivets. Combien de grandes villes du monde peuvent choisir un seul monument pour en être le symbole...
Une histoire belge qui fait datte
Avril oblige, rien de plus tentant que d'évoquer le plus beau poisson de l'histoire de la philatélie. Un canular que l'on doit à nos amis belges et plus précisément à la fine équipe du Cercle de Namur dont l'imagination débordante dépasse largement les frontières d'outrequiévrain. Retour sur les mystérieuses émissions du Haggar annoncées le 1 er avril 1931.
175 ans de timbres suisses
La Suisse est le second pays à émettre des timbres-poste après l'Angleterre, avec son « Penny Black » mis en vente le 6 mai 1840. Les premiers timbres-poste cantonaux sont mis en vente à Zurich le 1 er mars 1843 et à Genève le 30 septembre 1843. A ce titre, ils font partie des timbres-poste classiques les plus collectionnés en Suisse, et dans le monde.
Quelques histoires de roulettes. Les factices
Les timbres conditionnés en roulettes pour distributeurs sont l'une des présentations que l'on peut retenir pour les incorporer dans nos collections. Cette idée de placer des timbres dans des appareils est apparue très tôt. Le public n'a pas rejeté le principe, mais c'est plus probablement le manque de fiabilité des machines qui a fait que ce mode de commercialisation est progressivement tombé en désuétude, bien qu'il ait eu une utilisation privée. Après une disparition totale de la fabrication à partir de la fin de la Seconde Guerre mondiale, les roulettes font finalement leur réapparition en 1954. Revenons sur quelques pages de leur histoire.
Armée de Sambre et Meuse
Cette armée est constituée le 29 juin 1794, par la réunion de l'aile droite de l'Armée du Nord, par la gauche de l'Armée de la Moselle et l'ensemble de l'Armée des Ardennes. Le Général Hoche en assurera par deux fois le commandement et, par deux fois, le Général Lefebvre lui succédera par intérim : brièvement du 31 juillet au 3 août 1797 puis, à la mort de Hoche le 15 septembre, du 19 septembre au 20 octobre de la même année.
Il était une fois... l'Islande
Voyons comment ces terres glacées ont été peuplées par quelques moines puis par les Vikings. Puis quel fut le chemin qui a conduit l'Islande sous l'autorité danoise depuis la fin du XIVe siècle, à devenir un pays indépendant en 1918.
Cartophilie : Sur les pas de Jules Renard
« On connait mieux « Poil de Carotte » que vous » disait à Jules Renard le maître d'école de Chitry les Mines. Il y avait dans cette réflexion une part de vérité. Mais une part seulement. Car si le succès littéraire et théâtral de « Poil de Carotte » a quelque peu effacé la personnalité de son créateur, celui-ci n'en a pas moins connu de son vivant une incontestable célébrité. Les journaux et revues de son époque en témoignent, les cartes postales illustrées beaucoup moins.
Les blocs de la CNEP : une collection qui a la cote !
Depuis leur création en 1 980, les blocs édités par la C.N.E.P. sur les salons philatéliques qu'elle organise connaissent un succès qui ne se dément pas. Redécouvrez, à l'occasion de l'édition du 77e bloc C.N.E.P. le 6 avril prochain, l'histoire de cette collection recherchée.
La chronique de Socrate : Je vous tire ma révérence
Un mois complet sans le moindre courrier de vous, mes chers ex-amis. Chaque matin j'ai guetté la boîte aux lettres avec impatience, caressant le secret espoir d'avoir de vos nouvelles, mais rien. Le facteur s'en est même inquiété avant que je ne lui inspire que de la pitié. Il m'a dit que finalement c'était normal, que maintenant on reçoit principalement du courrier électronique. Je lui ai répondu que mon Minitel était aussi désespérément muet depuis plusieurs années. Il m'a dit qu'il savait pourquoi, sans me donner plus de détails techniques que je ne comprendrais pas. Cela n'a fait que m'accabler un peu plus. Les lecteurs du magazine sont des ingrats, que dire d'autre ? Voilà pourtant plus de trente ans que je rédige cette chronique, certes avec plus ou moins de bonheur, mais tout de même ! Pas facile pourtant de se renouveler, de raconter des histoires tous les mois.
Je pensais être lu, apprécié, il n'en est rien ! Le pire, c'est que vous avez peut-être raison, ce que je dis ne présente plus aucun intérêt à notre époque. Parler du timbre alors que l'on va envoyer des gens sur Mars, c'est incongru.
Je vais donc prendre ma retraite, arrêter la collection. Quel intérêt finalement d'accumuler ces petits bouts de papier fabriqués avec des arbres que l'on abat sauvagement ? Avec l'argent que je vais économiser, il me sera enfin possible d'acheter des jeux vidéo dont je rêvais en cachette depuis longtemps, de m'abonner à un bouquet numérique pour regarder la télévision toute la sainte journée. Fini les salons, manifestations philatéliques en tous genres, Fête du timbre et autres. Je fréquenterai les « évents » high-tech, me rendrai au Salon de la start-up, de l'innovation, du SUV, du SAV, de la VAD et vomirai les antiquaires et les négociants en timbres avec leurs machins d'un autre âge.
Avec l'homme augmenté, les progrès fulgurants de la médecine, je sais que je vais être éternel et perpétuellement moderne. Je me passionne à présent pour la thérapie génique, les manipulations de l'ADN, la reprogrammation de cellules-souches, le clonage, la fabrication de mes futurs organes avec une imprimante 3D. Je mangerai avec plaisir tout ce qui est transgénique, je bannirai de mon alimentation tout ce qui est naturel. Au lieu d'avoir une identité, j'aurai un identifiant et je vais devenir hyperconnecté. Dans quelques jours, j'ouvrirai une page Facebook, posterai des vidéos destroy sur YouTube montrant comment je brûle avec une simple allumette une partie de ma collection, les regommés principalement que je ne serai pas parvenu à refourguer, même sur un site de vente aux enchères peu regardant. Buzz assuré, j'aurai des tonnes de « like », j'existerai socialement, ferai des selfies avec n'importe quel abruti qui voudra de moi.
Terminée la rédaction des chroniques que personne ne lit, je n'adresserai plus que des SMS truffés de fautes d'orthographe et d'anglicismes à mes nouveaux amis virtuels. Je « kifferai grave » en surfant avec jubilation sur tous les sites anti-collections, conspirationnistes affirmant que le timbre n'a jamais existé, par pure vengeance. Je me rendrai dans des centres de philatélistes anonymes pour me désintoxiquer définitivement de cette maladie qui me ronge depuis l'enfance. Nous scanderons tous en choeur: « Le timbre c'est tabou, on en viendra tous à bout ».
Je n'irai dans les bureaux de poste que pour la Banque postale, les produits d'assurance et mon abonnement téléphonique. Et si par extraordinaire je tombe malencontreusement sur un guichet philatélique, je dirai pudiquement au postier « Sans façon, j'ai déjà donné, c'est une addiction ». Acheter ne serait-ce qu'un seul timbre, c'est prendre le risque de replonger. Peut-être faudrait-il par précaution m'interdire de bureau de poste comme d'autres de casino.
J'appellerai tout le temps avec mon smartphone pour dire que je n'ai rien à dire. Je partirai en guerre contre tous les imposteurs qui oseraient affirmer que « C'était mieux avant, quand il y avait la lettre »).
Vous l'avez compris, c'est ma dernière chronique. Je vous laisse à vos vignettes. Je suis désormais plus timbré que vous mais il m'a fallu du temps pour atteindre ce niveau d'excellence. Je me prépare enfin à une belle vie sans la lecture de cette presse papier, totalement archaïque. J'irai sur des webzines où l'on parle de Nabilla, pas de Jacqueline Caurat. Il ne me reste plus qu'à vous dire Adieu en ce mois d'avril historique. C'était la dernière séance et le rideau est tombé. Bye bye, la chronique que j'aimais, l'entracte est terminé. Bye bye, rendez-vous à jamais.

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Toussaint COPPOLANI
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