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Timbres Magazine
Juin   2012

  Timbres Magazine

Numéro 135 Juin 2012 EDITORIAL : Un salon à ne pas manquer au Parc Floral de Paris pour la 6e édition du salon Planète Timbres. Il est résolument tourné vers le grand public avec les animations réparties autour de la « Rose des Temps ». Celles-ci seront probablement boudées par certains philatélistes mais je vous rassure, il y a tout de même de quoi remplir une journée et passer un bon moment. Ainsi le pavillon de l'imprimerie de Phil@poste proposera des démonstrations : la taille-douce avec des graveurs, la presse à bras, une rotative TD 6 couleurs, le gaufrage et la dorure à chaud avec une machine Heidelberg. Un autre pavillon exposera, avec le concours de l'Adresse Musée de La Poste, des pièces rares dont des timbres et lettres de Monaco. Plus de soixante exposants sont par ailleurs annoncés et trente postes étrangères vous attendent. A la demande de Phil@poste, Gauthier Toulemonde participera à une conférence qui sera donnée au salon le mercredi 13 juin de 15 h 15 à 16 h 00. Elle sera consacrée aux expéditions postales faites à Clipperton, au pôle Nord géographique, sur le fleuve Maroni en Guyane et à bord du Planetsolar. Un film de huit minutes sera présenté à cette occasion lequel comportera notamment de belles images du bateau qui vient d'achever le premier tour du monde à l'énergie solaire. Le document vidéo passera aussi en boucle dans un espace dédié durant toute la durée du salon. Si vous êtes de passage ce mercredi, venez voir Gauthier Toulemonde à l'issue de la conférence, il sera à votre disposition ainsi que d'autres membres de l'équipe du magazine. Ils apporteront les enveloppes qui leur restent de ces expéditions si vous souhaitez vous en procurer. Le Salon du Timbre 2012. Le timbre fait son événement du 9 au 17 juin 2012 au Parc Floral de Paris. Partons à la découverte de la Planète Timbres... En couverture : La Marianne de Cheffer : Une classique admise en lettres modernes. Les philatélistes l'appellent Marianne, mais elle n'est pas une Marianne. Elle ne porte ni bonnet phrygien, symbole de liberté, ni cocarde, symbole du patriotisme. La Marianne de Cheffer est en réalité une Cérès, facilement reconnaissable à sa couronne d'épis et de feuilles de laurier, symbole de moisson et de fécondité. Les puristes se contenteront de la nommer "République de Cheffer", appellation officielle de l'administration.
Elle se présente en tous cas comme une beauté paisible qui reflète la période prospère qui précédait l'explosion de mai 68, une effigie toute classique à laquelle manque toutefois, selon certains chroniqueurs, le burin impétueux de Pierre Gandon ou le trait sensuel de Jean Cocteau. Ce qui ne l'empêchera pas d'etre le premier et seul timbre d'usage courant à obtenir le Grand Prix de l'Art philatélique! Elle cumulera les "premières". Elle sera le premier timbre d'usage courant imprimé sur une presse taille-douce trois couleurs, impression reconnaissable aux guillochés sur les marges des feuilles. Elle sera également le premier timbre à inaugurer le 13 janvier 1969 le service postal à deux vitesses, finalisé ensuite par le tri automatisé, grace aux barres phosphorescentes dont elle sera dotée (après des essais non retenus sur le coq, sur papier entièrement fluorescent) avec une couleur verte pour le courrier lent et rouge pour le courrier urgent, couleurs toujours en usage aujourd'hui. Elle sera enfin le premier timbre imprimé en juin 1970 dans la toute nouvelle usine de Périgueux, lImprimerie des timbres-poste et valeurs fiduciaires (ITVF).
La vie de la Marianne de Cheffer se décline en cinq émissions successives. De quoi composer une belle monographie de cette effigie d'allure classique entrant de plain-pied dans l'ère postale moderne. Thématique : de l'océan à l'île. (2) Les îles océaniques sont très variées. En dehors de l'Islande qui correspond à un segment émergé de la dorsale médioatlantique, la plupart des îles volcaniques résultent soit de la présence d'un point chaud dans le manteau profond, soit de l'enfoncement d'une plaque océanique sous les arcs insulaires. Les îles tropicales submergées, recouvertes de calcaires coralliens, deviennent des atolls. Enfin, plissements et jeux de failles conduisent à la formation d'ires d'origine tectonique, où les séismes sont fréquents. Classiques : la philatélie chauffée à Blanc. Emis en complément des types Merson et Mouchon, le type Blanc a eu du mal à se faire une place sur l'avant-scène philatélique. Souvent considéré comme bouche-trou des pages d'album du début du siècle dernier, il a longtemps été délaissé. La faute revient certainement aux petites valeurs faciales qui l'affublent. Pourtant, si l'on y regarde à deux fois, le type B/anc recèle un bon nombre de pièces intéressantes, témoins d'une conception et d'une fabrication originales. Ce sont certaines de ces pièces que l'on retrouve dans une collection encore jamais dévoilée, que la maison Behr a la gentillesse de proposer aux yeux de nos lecteurs. Chronique : filets ou faux filets ? Il n'est pas question ici de découpe de la viande, mais de distinguer un produit philatélique d'un autre. Le filet d'encadrement, le filet mince et la zone pointillés ont toujours la même couleur que le timbre attenant, ce n'est pas pour autant qu'ils ont la même origine ou méritent le même intérêt et le même prix! Histoire Postale : la ligne de l'Atlantique Nord. De toutes les lignes postales assurée par des paquebots français, le service Le Havre-New York de la Compagnie générale transatlantique (CGT) est le plus prestigieux. Etude : les timbres du Pacifique allemand : les îles Samoa. Qui sait encore aujourd'hui que la Première Guerre mondiale aurait peut-être pu commencer dès le XlXe siècle et initialement voir se battre les uns contre les autres, Britanniques, Américains et Allemands à propos de la possession des quelques millier de kilomètres carrés des îles Samoa, avant qu'un traité ne finisse par les partager entre les Etats-Unis et l'Allemagne? Visite : Le National Postal Museum à Washington. Lorsqu'on séjourne à Washington la capitale fédérale des Etats-Unis et que l'on est collectionneur de timbres-poste et philatéliste, il y a un musée qu'il ne faut absolument pas rater: le National Postal Museum, et son exposition temporaire ayant trait à la catastrophe du Titanic, Petite visite guidée! Carte postales : Colette, femme de lettres et de cartes postales. En 1973, un timbre à 0,50 f. portant une surtaxe de 10 centimes, célébrait le centenaire de la naissance de l'écrivain Colette. Une enveloppe et une carte postale « 1er Jour » étaient éditées le 2 juin à Saint Sauveur en Puisaye, village natal de Sidonie Gabrielle Colette. En même temps, la Bibliothèque Nationale rendait à cette grande dame de la littérature un hommage exceptionnel. Les facettes de sa vie et de sa carrière étaient rappelées par une profusion de documents: manuscrits, photographies, tableaux affiches anciennes, objets divers. Et courrier personnel. La pièce en question : imprimé ou carte postale ? Ventes : côté ventes. Décryptage : Algérie : le service commun des colis postaux. La convention de l'UPU de 1880 crée le service des colis postaux afin d'organiser un échange international de petits paquets, de faible poids, pouvant etre transportés par la poste et arriver à destination dans les mêmes délais que les lettres. Rencontre : Robert Geoffroy, des cachets à ne pas cacher. Robert Ceoffroy, 65 ans, est retraite de l'Éducation Nationale. Grand connaisseur en philatélie fiscale, il collectionne les cachets des généralités. Un domaine quelque peu fastidieux qui demande de concilier la rigueur à la détente. Se prêtant au jeu, ce philatéliste insatiable a accepté d'évoquer pour nous les chemins de sa passion. Socrate a parlé : Sommes-nous différents des autres ?« Vous les philatélistes, vous êtes d'infatigables râleurs ! » ces propos sympathiques que m'a tenus une personne connaissant un peu le timbre m'ont interpellé. Disait-elle vrai, n'y avait-il pas un brin d'exagération ? Sommes-nous tous des râleurs et davantage que le commun des mortels ? J'ai à l'esprit quelques exemples qui pourraient le laisser à penser.
Ainsi, même si je force le trait c'est mon défaut, lorsqu'un philatéliste achète un timbre, la cote ne veut strictement rien dire et il faut toujours d'énormes rabais bien au-delà de 70 % pour enfin parvenir au «juste prix». Le même, lorsqu'il est à la vente, fait religieusement référence à la cote même si elle ne reflète pas parfaitement la grande valeur du timbre !
Que dire de ce qui risque de se passer au prochain salon avec le coffret comportant les Marianne de Beaujard. Vendu uniquement au Salon, il exaspère bon nombre de collectionneurs mais mon petit doigt me dit que certains acheteurs « choqués et râleurs » n'hésiteront pas à le vendre au prix le plus élevé sur Internet ! Peut-être même qu'ils pousseront le raisonnement un peu tordu en se disant – pour se donner bonne conscience – qu'ils revendent les Marianne pour faire plaisir à ceux qui n'en ont pas eu. Une action charitable en somme.
On pourrait aussi parler à loisir des «philatélistes d'en haut» qui regardent parfois avec condescendance ceux «d'en bas» et raillent leurs petits timbres et les traitent d'ignares. Ont-ils oublié qu'ils sont passés par la case nouveautés avant de se spécialiser ?
Admettons donc que nous sommes tous un peu des grognons et que celui qui n'a jamais râlé en philatélie jette la première pierre ou m'écrive. Je constate du reste que mes chroniques les plus acides sont celles qui plaisent le plus. Cela dit, un peu de courtoisie dans un monde qui en manque tant ne peut pas faire de mal. Le manque de politesse, voilà du reste un sujet qui met en rogne !


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